mercredi 6 mars 2019

Un vol incroyable en avion de chasse

Enfin, après plusieurs mois d'errements et de doute, j'ai tout de même réalisé mon vol en avion de chasse. Une escapade irréelle. Je me suis rendu à midi à l'aérodrome de Rennes-Saint Jacques où j'ai fait la connaissance de mon pilote, avec près de 6000h de vol. Les autres sont arrivés presque en même temps : nous n'étions que 4 à passer cette fois-là. Nous avons assisté au briefing nous présentant notre itinéraire de vol: les particularités de l'avion, les questions de sécurité. Finalement nous avons déterminé l'ordre de passage : alleluia, je passais en premier ! Je suis allé revêtir mon uniforme, puis j'ai gagné l'appareil accompagné par le pilote. Première opinion : le Fouga Magister n'est pas aussi imposant qu'un avion de combat. Et son esthétique indique qu'il commence à dater (sa réalisation remonte aux années 50, quand même). Mais j'avais dévoré assez de récits sur le sujet pour me souvenir qu'il s'agit d'un avion d'entraînement, de la sorte adroit et permettant de bonnes sensations malgré tout. J'ai pris place dans le cockpit et l'équipe technique m'a sanglé sur mon siège, en me fournissant ses dernières recommandations. Puis la verrière a coulissé et l'appareil a glissé sur la piste. Cette fois, j'y étais : j'accomplissais mon rêve... L'envol a été exécuté avec facilité. C'était même moins violent que ce à quoi je m'étais attendu. Nous avons commencé par un vol d'observation. La verrière me livrait une vue panoramique magistrale sur le paysage sous l'appareil. Puis le pilote a poursuivi par un vol à basse altitude. Pour finir, enfin, l'étape tant espérée : le moment des figures acrobatiques. Le premier tonneau a été une claque. J'ai senti que mon thorax était poussé contre le siège. Puis une seconde figure a presque aussitôt suivi celle-ci. Pas le moindre répit pour retrouver son souffle! Après quelques virages accompagnés de vrilles, j'ai commencé à me sentir « partir » et j'ai contracté mes muscles au maximum pour éviter le blackout. Une expérience saisissante, je vous le certifie !Retrouvez toutes les infos sur cette activité de vol en MiG29 en suivant le lien.

lundi 7 janvier 2019

A San Francisco, pour la croissance

Cette semaine, j'aimerais revenir sur une discussion qui a eu lieu il y a quelques jours, lors d'un séminaire à San Francisco. Au beau milieu d'une soirée, un invité m'a sorti une aberration, en remettant en cause l'idée selon laquelle les pays riches ont besoin de croissance économique. Son idée choc semblait être celle de Baloo dans Le livre de la jungle : « il faut se satisfaire du nécessaire ». Une idée d'autant plus dangereuse que je l'entends constamment. Les pays industrialisés ont bien souvent des difficultés à justifier leur nécessité de croissance économique. Le désir de l'Europe de perpétuer sa croissance économique est d'ailleurs regardé par beaucoup comme critiquable. Cependant, les pays riches ont encore besoin de croissance pour pouvoir progresser en tant que société. Le choix du progrès social n’est pas moins impératif pour un pays riche que pour un pays du tiers-monde ! La raison de cette nécessité est simple : sans croissance, la galette du capital reste la même. Dans ces conditions, l'essor de l’un est alors automatiquement réalisé aux dépens du bénéfice de l’autre. La lutte contre la pauvreté amène par exemple à une diminution des dépenses dans le réseau de transport ; la hausse de la protection sociale est financée par moins de culture ; un nouvel hôpital inspire une diminution de subventions dans la protection de l’environnement... Bref, sans croissance, nous ressentons à quel point notre prospérité est provisoire et fragile. Une société qui vit sans croissance est une société où des citoyens individuels, des industriels et des communautés sont systématiquement dressés les uns contre les autres, car ils se partagent le même gâteau, trop petit pour les nourrir tous. Lorsque la richesse d’un pays croît, au contraire, elle est plus commode à répartir : chacun mange à satiété. La classe moyenne est ainsi davantage portée à partager ses richesses si elle sait qu'elle continuera à croître par la suite. Dans le même temps, une société sans croissance est non seulement plus fermée, mais commence après un moment à écarter l’idée de la redistribution et devient en fin de compte moins démocratique. Les sociétés dont l'économie est en croissance sont donc plus compréhensives (et font évidemment preuve de plus d'ambitions). Lors de ce séminaire, la moitié des français prenant part à la discussion ne croyait pas en cette obligation de croissance. Ce qui pourrait contribuer à expliquer d'une certaine manière l'engourdissement économique français. Je vous laisse le lien vers le site spécialiste de ce séminaire à San Francisco.

jeudi 20 décembre 2018

L'ex-chef Du FBI James Comey Attaque Donald Trump Et Interpelle Les Républicains

  James Comey, ancien directeur du FBI renvoyé en 2017 par Donald Trump, a critiqué lundi les "mensonges" du président américain et appelé les élus républicains à lui résister. "Autrefois, les républicains comprenaient que les actions d'un président ont de l'importance, que les mots d'un président, que l'État de droit et la vérité ont de l'importance. Où sont ces républicains aujourd'hui ?", a interpellé James Comey.  "Le président a menti en permanence". "La réputation du FBI a été écornée parce que le président des États-Unis, avec ses acolytes, a menti en permanence à son propos. Face à ces mensonges, beaucoup de gens bien (…) croient ces absurdités", a dénoncé James Comey devant des journalistes dans les couloirs du Congrès. "Les personnes qui sont mieux informées, y compris les membres républicains de cette instance, doivent avoir le courage de résister et de dire la vérité", a-t-il ajouté.  Une réponse à des tweets virulents. James Comey était à nouveau auditionné à huis clos lundi par des parlementaires à propos, notamment, de l'enquête sur les mails de la candidate démocrate Hillary Clinton pendant la campagne de 2016. Cet avertissement d'une des bêtes noires de Donald Trump répond aux tweets critiques du locataire de la Maison-Blanche contre la police fédérale américaine publiés ces derniers jours.  "Le FBI a fait quelque chose d'absolument impensable et inouï avant le déclenchement illégal de la Chasse aux Sorcières. Ils ont PÉNÉTRÉ A L’INTÉRIEUR DU BUREAU D'UN AVOCAT", a tempêté Donald Trump dimanche. Le FBI avait perquisitionné en avril, et sur ordre de la justice, les bureaux de Michael Cohen, ex-avocat de Donald Trump.  Remember, Michael Cohen only became a “Rat” after the FBI did something which was absolutely unthinkable & unheard of until the Witch Hunt was illegally started. They BROKE INTO AN ATTORNEY’S OFFICE! Why didn’t they break into the DNC to get the Server, or Crooked’s office?  Des passes d'armes régulières. Les passes d'armes entre James Comey et le 45ème président des États-Unis sont régulières mais se sont intensifiées ces dernières semaines. Donald Trump l'avait sèchement limogé en mai 2017, ce qui avait ouvert la voie à la désignation du procureur spécial Robert Mueller pour prendre en charge le dossier des ingérences russes.

vendredi 12 octobre 2018

Dans le ciel de Péronne

Samedi dernier, j'ai tenté un saut en chute libre dans le ciel de Péronne. Et tandis que je faisais de la tachycardie à l'idée de sauter, j'ai eu une pensée plutôt singulière : je me suis fait la réflexion que l'Europe va probablement atteindre un nouveau stade de développement d'ici peu. Le moment paraissait étrange pour penser au projet européen, je le reconnais. Mais je me suis dit que tout est réuni pour tirer l'Europe du marasme dans lequel elle trempe depuis si longtemps. Cette idée a été tellement soudaine que je ne me rappelle pas tout. C'est comme quand on tente de se souvenir d'un rêve : plus on se concentre, et moins on met le doigt dessus. Mais la situation actuelle le montre assez clairement. Pour commencer, il y a le fameux Brexit, qui a très nettement desservi le discours eurosceptique. Cela peut paraître paradoxal, évidemment, mais ce dernier était en vogue quand il n'était que cela : un discours, justement. Maintenant qu'il recouvre une réalité tangible, il semble beaucoup moins attrayant à tout le monde, et la plupart des partis d'extrême-droite font l'impasse sur le sujet au vu de son extrême impopularité... De ce point de vue, nous devons donc remercier nos voisins anglais pour leur choix désastreux ! Après, il y a bien sûr notre tout jeune président. Avec l'avènement de Macron, le duo franco-allemand pourrait bien faire des étincelles (et c'est d'autant plus vrai qu'Angela Merkel paraît bien placée pour être à nouveau élue). Cette réactivation du tandem paraît bien partie : Merkel et Macron ont montré une entente solide lors de leurs premières rencontres, ce qui augure des lendemains qui chantent. Et par-dessus tout, il y a l'affaiblissement très net du leadership américain depuis l'élection de Trump. Face à de tels dangers, l'Europe doit faire preuve d'une réelle solidité pour s'en sortir. Voire mieux que ça. En effet, c'est généralement sous la pression que les individus donnent ce qu'ils ont de meilelur. Dans ce cas et dans un tel contexte, une Europe beaucoup plus forte pourrait poindre le bout de son nez d'ici peu.... Quoi qu'il en soit, si les sensations fortes ne vous effraient pas, je vous invite à essayer le saut en chute libre : ce qu'on éprouve là-haut est franchement magnifique. Si vous voulez plus d'infos sur le sujet, c'est par là que ça se passe. Retrouvez plus d'informations sur l'organisateur de ce de saut en parachute à Peronne.

jeudi 11 octobre 2018

Repenser la notion de performance a` l’aune de la complexité, de la singularité et de l’incertitude

Les notions de performance, et de rentabilité, après être passées du domaine de la finance et de l’entreprise sont en train de glisser vers les acteurs de santé. Comme nous l’avons vu, à une époque et dans un contexte où la tendance est à vouloir toujours réduire le temps et valoriser l’action, on confond souvent vitesse et performance. L’incertitude peut être la source de performance d’une nouvelle approche de la relation entre le soignant et le soigné. Le temps et plus encore la disponibilité - en ce sens que l’on peut disposer de temps mais ne pas être disponible – sont certainement des outils de la performance. C’est en utilisant ces outils pour communiquer au rythme de ce que chacun peut dire/entendre que peut se créer une relation, avec la personne âgée ou la personne malade, marquée par la confiance. On constate combien la confiance entre celui qui est soigné et celui qui soigne est un facteur d’autonomie pour les deux protagonistes et de limitation de l’angoisse. Qu’est-ce qu’être performant pour un soignant ? Qu’est-ce qu’être rentable lorsqu’on est soignant ? Est-ce qu’être performant estseulement être rentable, être efficace à tout prix ?… Ces questions peuvent choquer et surprendre parce qu’elles ne sont pas ancrées dans la tradition soignante, mais elles sont pertinentes, parce que viser une optimisation, une amélioration de la santé est une démarche qualité qui passe par les acteurs de la santé. Pour être des éléments constitutifs de la performance, les objectifs d’efficacité, d’efficience et parfois même de rentabilité doivent être atteints avec des moyens acceptables socialement et donc justifiés au plan éthique. En effet ces questions, posées dans un contexte économique très contraint, risquent de privilégier une rentabilité entendue au sens financier alors que d’autres dimensions mériteraient d’être explorées (rentabilité clinique, sociale, etc.). Il existe ainsi des outils pour améliorer la performance clinique. Ces outils de la performance clinique sont utilisés pour maîtriser les risques, améliorer la qualité de la santé et optimiser les coûts. Les systèmes de signalement des évènements indésirables en sont un exemple. Le travail interdisciplinaire en est un autre, tout comme les revues de morbi-mortalité, mais aussi la tarification à l’activité (T2A) - le mécanisme à la base du financement des séjours hospitaliers courts - si l’on prend la peine d’en questionner l’usage et les limites… On peut malheureusement déplorer que la notion d’activité dans la T2A soit réduite et assimilée à la notion d’acte technique. Comment valoriser la réflexion éthique interdisciplinaire et la prise de décision de ne pas faire alors qu’à ce jour la T2A ne reconnait pas le fait que réfléchir avant d’agir et décider de ne pas faire, alors que l’on sait faire, sont probablement les actes les plus complexes de l’activité médicale. De même, communiquer avec la personne en souffrance pour l’écouter, l’informer, l’aider à cheminer, n’est pas un acte valorisé. Il n’y a au final aucun outil pour valoriser et améliorer le soin relationnel. De surcroit, dans les situations complexes, la performance semble dans ces situations liée au travail interdisciplinaire. Ce travail permet de coordonner les différents acteurs concernés par la situation, d’anticiper les éventuelles complications et les réponses possibles à ces complications, par le partage des expériences et de leurs savoirs, de réduire la part de subjectivité dans les décisions et de limiter d’éventuelles souffrances au travail ou de souffrances personnelles. La rentabilité de cette approche performante pourrait certainement se mesurer de façon indirecte par les économies générées et les souffrances évitées, sur la satisfaction des acteurs et celles de personnes malades, des proches…

vendredi 20 juillet 2018

L'art photo de Glasgow

Au fur et à mesure que le démantèlement briques par briques du bâtiment Mackintosh classé Grade A de la Glasgow School of Art progresse lentement à la suite de l'incendie dévastateur du 15 juin, l'étendue du travail à venir devient de plus en plus claire. Une grande partie de l'objectif initial de l'incident a été naturellement sur le bâtiment lui-même et son importance architecturale et culturelle pour la ville. Pourtant, à mesure que le temps passe et que le cordon de sécurité qui l'entoure reste en place, l'impact immédiat et quotidien de la région de Garnethill à Glasgow devient de plus en plus préoccupant. Les résidents locaux restent bloqués hors de leurs maisons et de nombreuses entreprises situées à proximité de la rue Sauchiehall, où se trouve le lieu de concert du 02 ABC, sont fermées en raison des craintes de chute de maçonnerie de l'école d'art conçue par Charles Rennie Mackintosh. Le travail de sécurisation de la structure avant le début de la reconstruction devrait se poursuivre tout au long du mois de juillet et jusqu'en août - une gâchis de temps par rapport à la tâche gigantesque de reconstruction à venir, mais une éternité pour beaucoup de ces petites entreprises touchées. Longtemps aussi, pour un autre bâtiment classé Grade A, vitale pour la vie culturelle de la ville qui occupe le bloc suivant à l'ouest de Glasgow School of Art. Le Centre pour les Arts Contemporains (CCA), basé dans les chambres Greciennes d'Alexander 'Greek' conçues par Thomson (achevées en 1865), a été fermé au public et au personnel depuis la nuit de l'incendie - la même nuit que la vue privée pour son exposition principale actuelle, «Le Parlement écossais-européen» par l'artiste néerlandais Jonas Staal. Coincé dans un état fantomatique de limbes, le spectacle ne peut être ni visualisé ni désinstallé. Au lieu de cela, comme le reste de ce lieu polyvalent avec son petit cinéma, son théâtre, ses espaces de résidence, ses salles de réunion, son café, son bar, son livre et sa boutique de design, il se couvre de semaines et de mois. En l'absence de date de réouverture convenue (au début de septembre au plus tôt) et environ 127 employés - 45 de la CCA seulement - déplacés des 18 organisations basées dans le bâtiment, ce sont des moments inquiétants pour le lieu. Cependant, le réalisateur Francis McKee tient à écarter toute discussion sur une crise. «La crise n'est pas un mot utile, c'est un mot très dramatique et hystérique», dit-il en buvant un café dans son «bureau» temporaire - un coin du café Tinderbox à Charing Cross, à quelques pas du bâtiment du CCA. «Tout dépend de la façon dont nous allons remettre en marche - nous devons commencer à faire des plans maintenant pour quand nous y retournons, pour la façon dont nous servons les gens que nous ne sommes pas en mesure de donner un espace pour le moment. Pour plus d'informations, allez sur le site de ce studio photo à Lille.

mercredi 18 juillet 2018

La logistique et l'espace

En tant que levier de la compétitivité nationale et qu’activité labour intensive, le système logistique joue ainsi un rôle macroéconomique majeur. Puisqu’il repose sur un système d’interactions spatiales et temporelles, ce système n’est toutefois pas neutre face à l’espace, mais participe à sa structuration. Cette structuration s’opère à la fois par les flux de marchandises qu’implique l’activité logistique et qui doivent cohabiter avec les autres flux d’un espace, mais également par les bâtiments, équipements et infrastructures qui la soutiennent et qui s’inscrivent à long terme dans des espaces. Ainsi, l’organisation spatiale des supply chains, déterminant de la performance des systèmes productifs, est également un élément du développement durable et de l’organisation des territoires. Ces éléments expliquent pourquoi l’activité logistique intéresse directement les territoires, et surtout les acteurs publics qui les administrent. L’activité logistique, bien qu’essentielle au fonctionnement des systèmes productifs, peut également être génératrice de nuisances, en particulier à l’échelle des territoires. D’abord, les infrastructures n’étant pas extensibles, les flux que ces activités impliquent peuvent contraindre les flux générés par d’autres activités humaines, entraînant ainsi de la congestion ; les véhicules qui sont à l’origine de ces flux sont également consommateurs d’énergie et peuvent être à l’origine de divers types de pollution. Ensuite, les bâtiments, les équipements et les infrastructures qui permettent au système logistique de fonctionner s’inscrivent localement et sont fortement consommateurs d’espace, ce qui est à l’origine de risques de conflits d’occupation des sols entre différents usages, et peut participer au mitage territorial. Dans ces conditions, les pouvoirs publics, notamment locaux, font face à une double exigence qui peut s’avérer contradictoire : attirer des activités logistiques afin de permettre l’amélioration de la performance des systèmes productifs mais surtout la création de nombreux emplois, mais également en assurer la régulation afin d’en limiter les nuisances associées. Pour mener à bien ce double objectif, les acteurs publics mobilisent un certain nombre d’instruments, allant des outils réglementaires aux outils d’aménagement.