jeudi 27 juillet 2017

Belle Londres

C'est drôle, la manière dont nous réagissons tous différemment au groupe. Le mois dernier, j'ai testé avec ma femme un voyage de groupe à Londres. J'ai beaucoup apprécié, mais ma femme ne l'a pas vécu du tout de la même manière. Je crois même que si le séjour avait duré deux jours de plus, elle aurait fini par commettre un meurtre. Vous vous dites que c'est l'organisation qui était en cause ? Et vous êtes loin du compte ! Car le coeur du problème, c'était le groupe lui-même. Pas même ses membres (qui étaient charmants), mais le concept même de groupe. Ma femme n'a jamais été une grande sociable, mais je ne savais pas à quel point jusque-là. Je me souviens qu'un jour, elle m'a confié que lorsqu'elle était envoyée par ses parents en colo, elle leur écrivait des lettres pour décrire à quel point elle était malheureuse, et les suppliait sans cesse de venir la chercher. On avait déjà parlé de sa phobie, mais on a approfondi les choses, là. Et elle m'a raconté que ce qui la gênait dans les groupes, c'est la notion de rôles : il y a l'organisateur, le fumiste, le méticuleux, etc. Comme si les gens se sentaient obligés de rentrer dans des cases, quitte à forcer le trait. Comme si tout le monde avait un rôle à jouer. Cette perception, assez bizarre de mon point de vue, m'a donné matière à réflexion. Et je crois pouvoir dire que sa phobie du groupe vient du fait qu'elle a peur de la perte de contrôle. Elle ne supporte pas l'idée de devoir s'adapter à une pression externe. D'après moi, cette phobie est née durant son enfance, avec sa famille. Elle a grandi dans une famille nombreuse, dans laquelle elle a souvent eu le sentiment d'être transparente au milieu de tout ce petit monde. Depuis cette époque, lorsqu'elle se retrouve dans un groupe, elle retrouve cette impression d'invisibilité. Vu l'enfance que j'ai eue, c'est quelque chose que j'ai un peu de mal à comprendre (pour ma part, j'adore vivre en groupe), mais je conçois que le fait de vivre ensemble puisse être pénible pour certains. Une chose est sûre, la prochaine fois, on ne partira que tous les deux ! Dommage, car pour ma part, j'ai particulièrement aimé de pouvoir rencontrer de nouvelles personnes. D'ailleurs, je vous mets en lien le site de l'organisateur auquel nous avons fait appel pour ce voyage. J'ai tout particulièrement apprécié l'atmosphère qu'ils sont parvenus à instaurer chaque jour. Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du site sur cette de voyage groupe à Londres qui est très bien élaboré sur ce sujet.

vendredi 14 juillet 2017

La chute du leader américain

 Donald Trump est président des États-Unis depuis quatre mois. Il est toujours impossible de prédire ce que signifiera sa présidence. Mais il s’agit d’ores et déjà d’un événement transformateur : M. Trump a bouleversé notre conception de ce que défendent les États-Unis. Nous vivons dans le monde qu’ils ont créé. Aujourd’hui, il le défait. Nous ne pouvons pas ignorer cette réalité brutale. En politique intérieure, le programme de M. Trump est en ligne avec l’agenda du Parti républicain. Il veut réduire les impôts des riches en diminuant les dépenses pour les pauvres. L’analyse faite par le Congressional Budget Office (CBO) de la loi American Health Care Act, récemment votée par la Chambre des représentants en remplacement de la loi Affordable Care Act de Barack Obama, est stupéfiante. De 2017 à 2026, la nouvelle loi réduit les impôts sur le revenu de 992 milliards de dollars en soustrayant 1 100 milliards à Medicaid, le semblant de sécurité sociale des Américains les plus démunis, et en coupant dans diverses autres subventions. Selon le CBO, le nombre de personnes non couvertes par une assurance-santé pourrait augmenter de 23 millions d’ici à 2026. “De 2017 à 2026, la nouvelle loi réduit les impôts sur le revenu de 992 milliards de dollars en soustrayant 1 100 milliards à Medicaid” L’orientation des dépenses publiques fédérales va dans le même sens que la réforme fiscale. Pour l’année prochaine, les propositions de dépenses discrétionnaires comprennent une augmentation des dépenses militaires de 52 milliards de dollars, financées par des coupes sombres dans d’autres lignes budgétaires : 13 milliards de dollars (16 %) en moins pour les services de santé et sociaux ; 12 milliards (29 %) en moins pour le département d’État et l’Agence de développement international ; et 9 milliards (14 %) en moins pour l’éducation. La puissance diplomatique des États-Unis pourrait en sortir dévastée. Autorité brute et réductions d’impôts : voilà les priorités des États-Unis sous M. Trump. Ce sont des priorités républicaines traditionnelles. Lancer ce qui peut être comparé à une guerre économique contre ses propres électeurs peut sembler pervers. Mais il y a une méthode derrière cette folie. Quand disparaîtront les aides dont dépendent les Américains blancs et pauvres, ceux qui ont voté pour M. Trump deviendront encore plus désespérés. Ce qui rendra la situation politique encore plus polarisée. Ce qui est le scénario bien trop rodé du plouto-populisme. Alors, quoi de neuf sous le soleil ? La réponse est : la personnalité de M. Trump. Il mène une guerre permanente contre la réalité, contre les médias et contre ses services secrets. La presse et les organes d’État ont bien résisté. Tout comme l’appareil judiciaire. Mais nous n’en sommes qu’aux premiers mois. Le président est indiscipliné et son administration est chaotique. Sous M. Trump, un outrage terroriste peut provoquer un dérapage dans l’autoritarisme. L’impact de M. Trump sur la conception même de ce qu’est l’Occident est déjà important. L’alliance des pays occidentaux constitue toujours le bloc économique le plus important et le plus riche en termes scientifiques et économiques. Mais ce bloc est en voie de désintégration. Angela Merkel a admis que l’Europe ne peut plus avoir confiance dans les États-Unis. Peut-être était-ce peu sage de le dire, mais elle a certainement raison. M. Trump semble préférer les autocrates aux Européens de l’Ouest. Il est chaleureux envers Recep Tayyip Erdogan en Turquie et Rodrigo Duterte aux Philippines, sans même parler de Vladimir Poutine. Il semble ne pas avoir le moindre intérêt pour la démocratie et les droits humains. Il ne semble pas non plus attaché aux principes d’assistance mutuelle de l’Otan. “M. Trump semble préférer les autocrates aux Européens de l’Ouest. Il est chaleureux envers Recep Tayyip Erdogan en Turquie et Rodrigo Duterte aux Philippines, sans même parler de Vladimir Poutine” Les partisans de la droite “alt-right” (droite alternative) ne voient pas tant le gouffre qui sépare démocraties et despotismes que celui entre les progressistes mondialistes, qu’ils méprisent, et les traditionalistes nationalistes, qu’ils soutiennent. Pour eux, les Européens de l’Ouest sont du mauvais côté : ce sont des ennemis, pas des amis. Au fond de lui-même, M. Trump pourrait être sur la même ligne. Il est entouré de conseillers orthodoxes comme James Mattis, secrétaire à la Défense. Le président ne semble néanmoins pas prendre cela à cœur. L’Occident n’est pas mort, il est moribond. Moribond en tant qu’ensemble de pays partageant les mêmes intérêts et les mêmes valeurs. Maintenant, considérez l’Occident, et surtout les États-Unis, dans le monde. L’essor de la Chine a amoindri son poids politique et économique. L’histoire récente de guerres perdues et de crises financière a laminé la crédibilité de ses dirigeants. L’élection de M. Trump, un homme aussi visiblement dénué des vertus, des compétences, des connaissances et de l’expérience que l’on attend d’un président, a encore plus endommagé l’attractivité du système démocratique. Aujourd’hui, l’Occident semble donc profondément divisé et tout le monde s’interroge sur le rôle futur des États-Unis. Ne serait-il pas plus sage, entend-on déjà, de se rapprocher de la Chine ? M. Trump n’en serait pas vraiment contrarié. Il a volontairement retiré les États-Unis de l’Accord commercial de partenariat transpacifique, qui se voulait un pare-feu contre une suprématie chinoise. Avec lui, les États-Unis semblent abandonner le soft power. Le budget proposé par la Maison-Blanche nous dit la vacuité de ce concept aux yeux de l’administration Trump : les armes comptent, la diplomatie ne compte pas. 

mercredi 5 juillet 2017

Comment j'ai volé en avion de chasse

J'en rêvais, Sony l'a fait. Ah tiens, non : c'est moi qui l'ai fait. Moi qui ai réalisé un vieux rêve : effectuer un vol en avion de chasse. Récit d'une aventure hors du commun. Cela faisait quelques temps déjà que j'attendais ce jour. Et je peux vous assurer que j'ai eu beaucoup de mal à m'endormir la veille ! Mais le jour tant attendu est enfin arrivé, et c'est avec des papillons dans le ventre que je me suis rendu à l'aéroport, accompagné de ma femme. Nous sommes arrivés un peu avant midi. Ma petite femme avait apporté un pique-nique, mais je n'ai rien avalé. On m'avait conseillé d'avoir le ventre vide au moment du décollage. Nous a vons été reçus par le pilote dans une ambiance détendue. J'ai enfilé un uniforme de vol avant de rejoindre le briefing. Une petite vidéo plus tard (qui présentait les consignes de sécurité), j'ai enfin pris le chemin de l'avion, et le pilote m'a aidé à m'installer et à m'attacher au siège. J'ai l'impression pendant un instant d'être un bébé qu'on installe sur son siège de voiture. Mais alors, un sacré bébé pour un sacré voyage. Quelques minutes plus tard, l'avion est face à la piste et la tour donne son feu vert. Go ! Le départ est une claque. Si vous avez déjà volé en avion... ça n'a rien à voir. Aucun rapport avec un appareil classique. Le boucan est ahurissant, on se croirait dans une fusée. Puis l'avion décolle, et le vacarme des propulseurs se calme. Le vol devient soudain tranquille, plus calme même qu'un vol en avion civil ! Nous volons à basse altitude, ce qui amène de bonnes sensations de vitesse. Mais cela reste au final très peinard. Ce n'est cependant qu'une mise en bouche. Quelques minutes plus tard commence la partie la plus intéressante : la voltige !¨Première chose que je comprends dès le premier break : lorsque le pilote vous dit de contracter, il vaut mieux contracter ! Dès les premières secondes, je sens arriver le voile noir. Je contracte alors mes muscles le plus possible, jusqu'à ce que mon champ de vision redevienne normal. Breaks, boucles, loopings... Le pilote reste en contact avec moi, pour voir si je suis encore conscient. Il me demande à chaque fois si j'en veux plus. Comme un forain qui vous demande si vous en voulez encore. Evidemment, je réponds oui à chaque fois, même si les G sont plutôt violent à supporter. Pas moins de 5G dans certaines figures ! Lorsque je redescends de l'appareil 15 minutes plus tard, j'ai l'impression d'avoir été passé sous un rouleau compresseur. Mais je suis fier de ne pas avoir besoin du sac en papier que me tend le pilote. Voilà une expérience que je ne suis pas près d'oublier ! A lire sur le site de cette expérience de vol en avion de chasse.